Du Ladakh au Zanskar
Du Ladakh au Zanskar
9 août au 17 septembre

Lamayuru comme point de départ, Padum, capitale du Zanskar, comme point d’arrivée. Entre ces deux destinations, 9 cols, près de 200 km, 10 jours de marche ... la route vers l’isolement.
Avançant péniblement dès les premiers jours, notre caravane de chevaux transporte nos sacs, nos vivres ainsi que nos tentes. Son convoi amaigri et fatigué est triste à voir mais les chevaux viennent à manquer en cette fin de saison nous dit-on. De ses mains lacérées et craquelées jusqu’au sang, le guide resserre fermement les cordes qui maintiennent nos sacs au dos famélique des montures. Désormais, ils transpireront avec nous.

Par des sentiers abruptes et rocailleux, notre trek débute sous les premiers rayons matinaux, alors que le soleil se cache encore derrière les géants de pierre qui nous font face. Dans leur vaste ombre, nous plions nos tentes et rangeons nos sacs. Très vite, l’ascension réveille nos mollets encore endormis, les pulsations s’accélèrent, la respiration aussi. Là-bas, au sommet de la montagne, le premier col à franchir. Le vent s’y est perdu, les drapeaux à prière s’agitent dans les rafales, la montagne s’est fait plus petite. Quel plaisir d’arriver au sommet! Le premier d’une longue série à venir... .

Devant nous, se présentent tantôt des géants gris aux allures de guerriers, tantôt de vastes vallées arides et pierreuses que l’homme tente tant bien que mal d’irriguer. Tantôt de minuscules villages engoncés dans un replat que les montagnes ont bien voulu céder, tantôt des monastères imposants perchés en équilibre précaire sur la roche dominante. Poussiéreux, rocailleux, le long d’un cours d’eau, notre itinéraire est une lente marche vers la plus profonde et la plus splendide des isolations.

Avec une moyenne de 6 heures de marche par jour à plus de 3500 mètres d’altitude, notre corps transpire, s’acharne mais jouit de cette aventure physique qui lui demande de se surpasser.
Chaque col promet une vue imprenable sur un paysage montagneux sauvage où l’homme n’a pas encore laissé sa trace de fer, où la poussière s’élève de nos pas, où seul le silence peut si bien rendre hommage à la montagne.

Devant et derrière nous, les paysages sont époustouflants.

Du haut de la montagne définissant la frontière entre le Ladakh et le Zanskar, le paysage se métamorphose. Devant nos yeux, la vallée s’étend à perte de vue. D’un vert turquoise étincelant, la rivière Zanskar en dessine la colonne vertébrale. Désormais, nous cheminerons le long de son cours, jusqu’à notre dernière étape: Padum.
Ce trek a été, pour nous, une aventure sauvage fantastique, loin des routes tracées, là où le bitume n’a pas encore coulé. De par son isolement spectaculaire, le Zanskar est une région encore peu affectée par le tourisme et dont les paysages sont grandioses. Dans quelques petites années pourtant, une route reliera directement Leh (capitale du Ladakh) à Padum (capitale du Zanskar), en quelques heures seulement. A partir de ce jour, cette cicatrice nouvelle dans le paysage apportera à la région son lot de bonnes et de mauvaises mutations.
Nous sommes heureux d’avoir pu découvrir le Zanskar d’aujourd’hui.
