Land of gompas
Land of gompas
9 août au 17 septembre
Bienvenue au petit Tibet
Delhi, capitale de l’Inde moderne, 13 millions d’habitants, surpeuplée, congestionnées, polluée.
Malgré nos 36 heures de train, Delhi ne sera qu’une courte halte de 3 jours. Sa chaleur oppressante, sa moiteur stagnante, son vacarme incessant seront autant de raisons de la quitter au plus vite. En pleine averse de mousson, rincés jusqu’aux os, nous montons dans le bus à destination de Manali puis de Leh, capitale du Ladakh, située dans le Jammu & Cachemire.

Derrière nous, la plaine étouffante et inondée n’est bientôt plus qu’un lointain souvenir, désormais nous embrassons la chaîne himalayenne et ses vallées vertigineuses. 18 heures de bus chaotique le long de virages en épingles que notre conducteur avale dangereusement, nous ne fermerons pas l’oeil de la nuit et atteindrons, non sans un gros soulagement, la paisible Manali et ses sources d’eau chaude au petit matin. Trois jours de repos plus tard, il nous faudra encore 2 jours d’ascension sur l’une des plus hautes route du monde pour atteindre les terres asséchées de la Vallée de l’Indus.



Nous avalons des kilomètres, traversons des villages aux maisons entièrement construites de pierres et de bouse. Etalée grossièrement sur les toits, l’herbe ramassée pour la saison d’hiver sèche péniblement sous le rayons dorés du soleil, pendant qu’hommes et femmes poursuivent leur labeur dans les champs, le dos courbé, les mains craquelées, le visage usé ... .

Enfin, elle se dévoile timidement à nous, d’abord par son imposant palace de pierre puis par ses innombrables ruelles animées que les commerçants Cachemiri ont pris d’assaut pour la saison, nous atteignons les portes de la ville de Leh, située à 3500 mètres d’altitude. Nous foulons le sol de ce que les gens ont coutume d’appeler le “mini-Tibet”.

Ici, dès les premières heures, la ville s’anime, les travailleurs se rassemblent sur le lieu d’embauche, attendant patiemment qu’on vienne les recruter pour la journée, les petits vendeurs de chai ouvrent leur porte, les boulangers attisent les braises de leur four, vaches, chiens et taureaux arpentent la ville d’un pas teinté d’une certaine lassitude, même les mendiants ont repris leur place et leurs gestes quotidiens. Du matin au soir, la ville bat son plein, s’éteignant avec les dernières paroles qui raisonnent depuis la mosquée du Bazar. Etrange impression que d’entendre 5 fois par jour les chants sacrés du mollah alors que les dernières lueurs s’évanouissent sur les murs des gompas.
Rapidement, nous retrouvons Steph et Nico, le couple suisse rencontré à Bangkok. Ensemble, nous visitons tous les monastères de la région, arrivant généralement aux petites heures pour la puja (prière) du matin. C’est également, pour Marc, l’occasion de partager sa passion pour la photo et de travailler d’arrache-pieds ses clichés.
Quelques semaines plus tard, nous quittons nos deux amis, se promettant de se revoir en octobre à Varanasi, et retrouvons nos deux amis de Nouvelle-Calédonie, rencontrés en Mongolie.
L’envie de partir en trek nous saisit tous bien vite. C’est décidé, nous traverserons le Ladakh et atteindrons le Zanskar en 10 jours de marche. Pour cela, il nous faudra franchir 9 cols situés entre 3000 et 5000 mètres d’altitude, dormir chaque nuit sous tente et parcourir près de 200 km.
