Mongolie, vertige horizontal
Mongolie, vertige horizontal
20 mai au 19 juin

Woaw la Mongolie!
Un de ces pays gigantesque sur la carte du monde, où le désert de Gobi, les vastes steppes arides et les zones montagneuses de l’Altaï et du Khangaï se disputent l’étendue du territoire, pendant qu’Ulaan Baatar l’intrépide s’érige comme la maîtresse des lieux, éventrant la plaine de ses coups de haches décidés, sculptant complexes et bâtiments de béton à l’allure démesurée, recrachant sans vergogne ses ivrognes imbibés d’une solution fâcheusement distillée et trop souvent létale. Véritable brassage d’anciennes coutumes et de mode nouvelle, la ville s’exhibe fièrement dans sa robe de tissu asiatique aux coutures occidentales.
A quelques kilomètres de la ville seulement, loin de la pollution et des klaxons, un vertige horizontal vous saisit, vous retourne et vous embarque dans une expérience fascinante.


Sur des routes qui n’en sont pas, des semblants de chemins caillouteux, à même les collines et les rivières, notre jeep tout terrain arpente la steppe sous une chaleur parfois étouffante.
Aux troupeaux de chevaux se succèdent des troupeaux de chèvres, de moutons,de vaches ou de yaks que les nomades utiliseront pour leur lait, leur fourrure, leur viande ou comme bête de somme. Chaque jour nous nous arrêtons dans une famille nomade qui offre spontanément le couvert et le gîte aux gens de passage. Toutefois, notre groupe étant au nombre de six personnes, chauffeur et guide compris, nous dormons généralement dans une ger (yourte) voisine à celle de nos hôtes.

Ravivant sans cesse les braises de notre feu, les nuits dans les ger sont d’un confort sommaire à première vue mais après une semaine sous tente, inutile de vous expliquer combien elles devinrent un luxe! Au chaud sous nos sacs de couchage, une couverture suintant le mouton et le lait caillé comme doublure, vous vous endormez paisiblement jusqu’à ce que vous soyez réveillés par une tempête de sable qui secoue violemment la toile de votre ger et qui vous donne l’impression de n’en faire bientôt qu’une bouchée ou par les aboiements des chiens qui veillent aux troupeaux ou encore par une tempête de neige qui vient s’abattre et faire claquer votre porte, éteignant aussitôt votre foyer.
D’autres nuits, le sommeil fut paisible, plein de rêves et d’étoiles.


La région des Eight lake est absolument splendide. Nous y sommes accueillis par une famille très chaleureuse qui s’apprête à déménager sa ger de place. Opportunité incroyable pour nous que de participer au montage et au démontage de ces constructions millénaires. Parabole sur le dos, les yaks, quant à eux, auront à charge le plus lourd.

Chaque jour, les paysages qui défilent sont autant de chefs d’oeuvre de la nature, chaque famille que nous rencontrons un berceau de gentillesse, de sourires et de générosité. Le caractère enfantin des mongoles nous comble et nous fascine en même temps. Tout ne semble être qu’une partie de jeu, alors que les conditions climatiques rendent parfois la vie et les tâches particulièrement pénibles. Pourtant, nous ne croisons que des regards rieurs... . Belle leçon de vie!
Au fil des jours, nous accumulons une quantité de crasse que nul ne peut nier, mais dans les steppes, point de douches pour vous débarbouiller. Pour les plus courageux, quelques éclaboussures à la rivière feront l’affaire, pour d’autres... il faudra attendre l’arrivée aux sources d’eau chaude.
Quinze jours, deux douches, pas plus de slips..., nous vous passons les détails.

Notre périple prend des airs de western lorsqu’arrivés au village, nous devons attacher nos chevaux à des poteaux de bois. Maîtrisant rapidement ( à notre grand étonnement! ) nos montures semi-sauvages, nous dévalons la plaine à grands coups de galop. Puissante monture... tu nous auras fait frémir!! Agrippés de toutes nos forces à tes rennes, nous fîmes pris d’un élan d’ivresse, conquérant la plaine devant nous. Tous tes muscles mis en branle, ta force égalait celle du vent. Pour nous, il n’y avait plus rien d’autre que ce sentiment de pleine liberté! Désormais ta selle est vide, nos fesses usées. La terre, sans toi, ne tremblera plus de la même manière... .

Ce fameux mouton et sa graisse qui composent les repas quotidiens des nomades et qui me répugnent tant. Pourtant, ici, point de repas valable sans un bon morceau de gras! Voyant ma mine dépitée, la mère de famille comprend rapidement que leur spécialité culinaire ne me plaît guère, voire me dégoûte. A mon plus grand bonheur, elle me prépare un délicieux riz au lait pendant que Marc avale (tout rond!) son mouton sans broncher. Pour moi, c’est hors de question! La simple odeur provoque déjà des relans... .

Aux plats de gras de mouton se sont également mélangés ceux de fromage et de crème de yak, de raviolis (de mouton!) vapeurs ou de soupes de nouilles (au mouton!). Une véritable “diversité culinaire” pour les petits suisses que nous sommes!

Des paysages fabuleux, des espaces encore vierges, des animaux en totale liberté, un peuple aux yeux rieurs rempli de générosité, des coutumes et traditions ancestrales fascinantes, une servitude séculaire face à des conditions de vie extrêmement difficiles par moment mais une reconnaissance quotidienne pour chaque jour qui leur est offert .... . Nous quittons la Mongolie avec, plus que l’envie, le besoin de revenir.