A l’assaut du far-east
A l’assaut du far-east
12 mai au 20 mai
Poussière de Sibérie

Ah le Transsibérien! 75 heures à se laisser bercer par le rythme indolent de ce convoi légendaire et lorsque vous mettez enfin les pieds dehors, il vous en faudra encore près de 3 ou 4 pour vous réhabituer à l’allure de votre propre marche sans ressentir la désagréable sensation que le sol se dérobe sous vos pieds. Diantre! quelle fichue gravité!

Non, dans le Transsibérien, vous passez la majeure partie de votre temps assis dans votre couchette, à regarder le paysage défiler. Aux forêts de boulots succèdent par intermittence la danse des conifères, “géants verts partis à l’assaut de la plaine”, que plus rien ne peut arrêter, si ce n’est les nombreux brûlis censés fertiliser le terrain, occasionnés par les paysans.
Très vite la monotonie vous gagne.


Pendant ce temps (bien que vous perdiez rapidement la notion de temps), dans les compartiments voisins, des odeurs de plus en plus fétides de poisson séché (ou pourri!) et autres aliments qui se conservent mal après deux jours infectent gentiment tout le wagon. A l’entrée, le samovar bouillonne jour et nuit, il représente à vos yeux la joie de vos repas quotidiens. Son eau chaude qui se déverse dans vos sachets de nouilles a quelque chose d’hypnotique ... et de magique! Il est votre horloge puisque réuni avec les gargouilles de votre ventre, il ponctue vos repas et de même vos journées.
Vous poussez un long soupir de satisfaction quand vous voilà enfin arrivés à destination!
Irkutsk: bienvenue au Far-East!



La légende raconte qu’en s’y baignant à peine 7 secondes, l’eau du lac vous prolonge la vie de 25 ans (même pas besoin de Botox!). Nul n’ignore cependant qu’elle vous l’ôte après quelques minutes. Tentés ni par la longévité, ni par l’appel de l’Eternel, nous nous contenterons d’y plonger un orteil et de boire son eau revigorante.
A notre arrivée, le lac est encore gelé et seul un petit bateau de pêcheur fait la navette entre le continent et l’île. Le paysage, quant à lui, est époustouflant. Des étendues immenses, des steppes arides où l’herbe encore jaunie par la saison froide respire difficilement les premiers rayons de chaleur, des collines à la terre râpée où moutons, chèvres et vaches paissent en toute liberté. Une nature à l’état pur que l’oeuvre de l’Homme n’a pas encore noircie.


L’occasion également de dérouler notre tente pour la première fois et de tester la fiabilité de nos sacs de couchage censés nous tenir au chaud jusqu’à - 15 degrés. Sur notre chemin, nous ne croiserons que quelques bergers affairés à rassembler leurs troupeaux et des animaux sauvages. La nuit tombée, dans les braises encore crépitantes de notre feu, nous plongeons notre poisson frais acheté au village et l’agrémentons de quelques gouttes de vodka offerte par Pascal et Monica, un couple de genevois rencontré à l’ambassade, avec qui nous partageons l’aventure.

Après une journée de marche et les derniers kilomètres parcourus en vieux bus 4X4 russe, nous atteignons la pointe de l’île, le Cap ... là où l’étendue de liquide cristallin se prolonge à perte de vue, là où le ciel se confond avec l’horizon. Devant nous, l’immensité, l’infini pour les yeux. Une beauté qui nous coupe le souffle.

Reconnue comme l’un des cinq pôles d’énergie chamane sur Terre, l’île d’Olkhon a régalé nos yeux demandeurs et nous a profondément marqué.
Nous y séjournons cinq jours puis regagnons le continent. Dans deux jours, nous remonterons à bord du Transsibérien avec, pour grande destination, Ulaan Baatar, capitale de la Mongolie,.
