Soleil du sud
Soleil du sud
28 mars au 8 avril


Pendant que notre hôte s’affairait à nous détailler chaque étape de la culture du raisin à sa mise en bouteille, c’est près de dix vins différents qui vinrent éveiller nos papilles gustatives et que nous avions pour tâche de noter. Autant l’avouer directement, le léger snack qui nous fût offert en guise de repas de midi atténua les bouffées de chaleur et les effets enivrants des différents nectars de manière très superficielle! Le chemin du retour se fit dans l’allégresse alors que la lumière rasante du soir allongeait les ombres sur les façades de la ville.

Nous fûmes davantage impressionnés par l’imposant Duomo ou encore la taille des gelati ...


Marcher dans les ruines du Forum ou réaliser l’ingéniosité et la grandeur des thermes de Caracalla, nous donnèrent l’impression qu’on se souciait davantage, il y a deux mille ans, de la longévité des bâtiments et de leur solidité. Aujourd’hui, il semble que l’on soit incapable de construire pareils édifices. Notre société exige des constructions sophistiquées qui puissent être aménagées le plus rapidement possible. Il est révolu le temps où l’on fabriquait un mur avec la juxtaposition minutieuse de petites briques. Que restera-t-il de nos bâtiments cimenté dans quelques centaines d’années?

Assurément, il nous aurait fallu plus de jours pour essayer de comprendre cette ville, cette bouche géante qui nous avait avalé dès les premiers instants puis recraché aussitôt sans que nous ayons eu le temps de déterminer ce dont elle se nourrissait au quotidien. Il y avait là une Italie qu’on ne connaissait pas, chaleureuse et oppressante à la fois, bruyante et agitée. Une Italie authentique qui s’affichait avec fierté!
Puis le calme revint, flottant sur les eaux d’une Venise éternellement amoureuse. Dans la lumière matinale, nous arrivâmes dans la ville des vaporetti.

Nous passèrent 2 jours à nous gondoler au fil de l’eau, déambulant dans les innombrables petites ruelles où les artisans s’affairaient à leur art, la porte de leur atelier grand ouvert. Déjà les fabricants de masques affichaient leurs talents et nous nous prîmes à rêver du carnaval de Venise. Heureusement que les pigeons de la place Saint Marc ne nous chièrent pas sur la tête à ce moment-là! Le charme eût été rompu!
Venise a cela de particulier que le temps semble y être suspendu, laissant la ville battre au rythme de son flot ... Taxi, bus, ambulances, tous ont troqué leurs roues pour une musique plus silencieuse.
Nous quittâmes ensuite les terres du Sud, quelque peu déroutés parfois par l’apparente nonchalance des Italiens lorsque nous leur posions des questions. Que ce fût à la gare, dans les hôtels ou au restaurant, souvent, bons suisses que nous sommes, nous nous évertuions à les couvrir de mercis, de s’il vous plaît, de pardon ... mais leur réaction nous étonna à chaque fois, nous donnant l’impression que nous étions décidément tombés sur leur plus mauvais jour.

Le soleil, roi des astres, toujours et encore, nous y attendait.